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Le succès de l’iPad

Le succès de l’iPad

Le succès de l’iPad

le 16 mars 2011 dans Blog, High-Tech par

Etant passionné d’informatique et de nouvelles technologies depuis très longtemps, ce milieu n’a plus ou presque plus de secrets pour moi. Pourtant, certains produits continuent de me surprendre. En fait, ce qui me surprend le plus, ce n’est pas les produits en eux même, mais leur succès. Et parmi ces surprises, l’un attire particulièrement mon attention : l’iPad. Et je n’ai compris que récemment les vraies raisons de son succès. Analyse…

Le culte « Apple »

Vous vous en êtes sûrement rendus compte, mais depuis la sortie de son iPod, Apple enchaîne les succès commerciaux avec ses ordinateurs tout-en-un (iMac), ses portables (MacBook / MacBook Pro), ses téléphones (iPhone) et ses tablettes (iPad). A tel point que les présentations produits (les Keynotes) sont de véritables spectacles auxquels très nombreuses sont les personnes à y assister et auxquelles encore plus nombreux sont les déçus de ne pas avoir pu le faire. Aucun autre éditeur de logiciel ou créateur de produit High-Tech n’a le droit à de tels honneurs. Apple est à part.

Si certains « fanboys » vouent carrément un culte (religieux ?) pour la marque à la pomme et son éminent représentant qu’est Steve Jobs, très nombreux sont ceux qui apprécient leurs produits sans pour autant être des passionnés.

En effet, moi-même, fervent défenseur du monde PC et des environnements Microsoft depuis quelques années déjà (je ne suis pas un fan de la ligne de commandes, je suis le genre d’utilisateur qui aime les environnements graphiques, même si cela doit se faire au détriment des performances brutes, et pourtant il m’est arrivé et il m’arrive encore souvent d’aller faire un tour du côté du terminal ;) ), j’ai mis du temps à comprendre ce qu’avaient ces produits Apple qui leur procuraient un tel succès. Et puis j’ai compris : Apple ne cible pas les mêmes clients que les autres éditeurs de logiciels (Microsoft, Google, etc.) ou constructeurs High-Tech (Samsung, Motorola, etc.).

Apple n’invente pas, Apple réinvente

Là où la majorité des constructeurs High-Tech cherchent à proposer des produits toujours plus puissants, plus performants ou qui répondent à la demande des leurs potentiels clients, Apple lui crée un besoin et de nouveaux usages pour une cible beaucoup plus grand public que les autres.

En réalité, si on y regarde bien, les grands succès commerciaux d’Apple ces dernières années se sont fait sur des produits réinventés, pour ne citer qu’eux :

  • Les baladeurs MP3 existaient avant l’iPod
  • Les smartphones existaient avant l’iPhone
  • Les tablettes tactiles existaient avant l’iPad

 

Mais Apple a su les réinventer, les « encadrer » et les mettre à la disposition du grand public. Et proposer des appareils à l’esthétique innovante et à l’ergonomie novatrice. Car le succès de ces produits réside d’avantage dans la partie logicielle que dans la partie matérielle. En effet, ce qui a fait le succès de l’iPod, ce n’est pas le produit en lui-même, c’est son environnement logiciel : aussi bien pour acheter de la musique que pour l’écouter.

De la même manière, l’iPhone doit son succès en grande partie pour son logiciel interne, iPhone OS (aujourd’hui iOS) qui à l’époque était révolutionnaire. Alors que les smartphones existaient depuis bien longtemps.

Enfin avec l’iPad, Apple a proposé à ses clients, un produit qui regroupe une sélection des usages d’autres appareils (netbook, ordinateur portable) et les as réunis en un seul, avec une ergonomie et une autonomie inégalées.

Si l’on pousse ce raisonnement sur son axe parodique, on se rend compte qu’en effet, et malgré leur irrésistible envie de parler de révolution à chaque sortie de nouveaux produits, Apple n’invente rien, Apple recycle, réinvente. Les Guignols de l’info s’en sont d’ailleurs bien moqué :

Mais pourquoi ce succès ?

Hormis donc le culte voué à cette marques par les fanboys qui génère immanquablement de bons volumes de ventes (ils sont fans alors ils achètent, ils adorent, ils en parlent, ils démontrent, leurs amis sont séduits…), le gros du succès provient du grand public, celui-là même qui n’est pas nécessairement passionné mais qui est le cœur même de cible de la marque californienne. Si la notoriété de la marque et son image d’entreprise proposant des produits innovants de qualité y jouent pour beaucoup, ce n’est pas le seul critère de succès.

Travaillant le secteur, Geek dans l’âme et appréciant la liberté d’utilisation des produits que je possède, j’étais sceptique quant au succès de l’iPhone d’abord (que je croyais réservé à une élite fortunée (il fallait débourser + de 500€ pour en avoir un, avec ou sans abonnement)) puis de l’iPad ensuite (je n’en voyais pas l’intérêt comparé à un ordinateur portable).

Et c’est tout à fait là que réside l’erreur d’interprétation : et si cet objet très « Geek » n’étaient en réalité pas faits pour les Geeks ?

On lit ou on entend ici et là beaucoup de critiques vis-à-vis de ces produits, notamment de la part de passionnés agacés qui ne comprennent pas le succès de l’iPad. En voici un petit florilège avec mes remarques:

Pour le prix de l’iPad, autant s’acheter un ordinateur portable, on peut faire beaucoup plus de choses !

C’est vrai, mais c’est un argument d’initié à l’informatique. Le grand public lui, pour ses activités quotidiennes (mail, surf, twitter, facebook, jeux) va préférer avoir un appareil peu encombrant, léger, au look sympa, à l’autonomie la plus longue possible et qui sort de veille en une seconde. Pour l’instant aucun ordinateur ne répond à ce besoin. Une fois encore, l’iPad se destine au grand public, utilisateur occasionnel et non pas au geek passionné qui va vouloir se servir d’un iPad comme un ordinateur.

L’iPad et son système d’exploitation fermé empêche de faire vraiment ce qu’on veut, les réglages sont simplistes, Apple impose ses choix !

Et bien justement, c’est à mon sens ce qui fait son succès. L’aspect fermé de l’environnement d’Apple, il n’y a que les passionnés et les développeurs qui y sont confrontés. De même, le processus de validation des applications, très critiqué par ces derniers (et très loin d’être infaillible), garantit quant à lui une certaine qualité de l’expérience utilisateur. La gestion limitée du multi-tâche permet d’assurer la qualité de fonctionnement de l’appareil, quelles que soient les applications lancées et installées. Ces choix, certes imposés par Apple, permettent à l’utilisateur grand public de ne pas se soucier de ces contraintes. Il en va de même pour toutes sortes de réglages. Apple n’a rendu disponible à l’utilisateur que les réglages vraiment utiles pour lui ; aucun risque ainsi qu’il se perde et qu’il ait le sentiment d’un appareil trop complexe.

Le succès de ce produit réside avant tout dans sa simplicité d’utilisation, les personnes peu habituées à l’outil informatique mais intéressées par ses usages ont ici un appareil qui fonctionne intuitivement, sans qu’ils n’aient à se poser la question de comment ça marche. Au pire, une petite démonstration en magasin et c’est parti.

Le système figé d’applications limite grandement les possibilités, comparé à une tablette Android qui permet de rajouter des raccourcis, des widgets, etc.

Sur ce point, je suis d’accord, mais c’est là encore une analyse d’initié, de Geek. Ces possibilités n’intéressent que les Geeks. Et surtout, seuls les Geeks savent en tirer partie. Si on rajoute à l’iPad ces possibilités, certains utilisateurs se sentiraient perdus. Le fonctionnement exclusivement basé sur les applications permet à l’utilisateur très occasionnel de savoir exactement ce qu’il veut faire et comment il va le faire. Je veux voir la météo : hop, je clique sur « météo ». Je veux voir la bourse, idem, je clique sur « Bourse ». Envoyer un mail, je clique sur mail. C’est très simpliste, mais c’est efficace.

Conclusion : L’iPad n’est pas fait pour les Geeks

Cette longue analyse se résumerait ainsi : l’iPad n’est pas fait pour les Geeks. Bien sûr, on aimerait avoir un outil qui soit aussi beau, fin, léger, ergonomique et convivial que l’iPad mais avec la souplesse, les widgets, l’ouverture d’une tablette Android.

Malheureusement, il est très compliquer d’allier les deux et il faut donc faire un choix. Et, c’est important, ce choix doit être fait en fonction des besoins réels au quotidien et non pas en fonction des choses que l’on pourrait éventuellement faire dans un cas précis une seule fois dans la vie de l’appareil. Et ça c’est dur pour un Geek comme moi ;)

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